Par : Frantzou Laguerre
L’ajustement des prix des produits pétroliers se répercute durement sur le panier alimentaire dans la troisième ville du pays. Au marché de Relet, en plein centre-ville des Cays, des marchandes témoignent d’une baisse inquiétante des ventes, conséquence directe de la hausse des coûts de transport et d’approvisionnement
Avant la montée du prix du carburant, un paquet de spaghetti coûtait 1 500 gourdes. Il est passé à 1 560 gourdes. Le sac de riz, autre pilier de l’alimentation, est passé de 3 400 à 3 700 gourdes. Des augmentations qui paraissent minimes sur le papier, mais qui, répétées sur chaque produit, rendent le panier quotidien inaccessible.
Au marché, selon les commerçants, les clientes discutent longuement les prix, puis repartent souvent sans rien acheter. Les marchandes, elles, voient leurs recettes s’effondrer. Cette double peine vendre moins et acheter plus cher fragilise toute l’économie locale.
La conséquence est visible réduction des repas, endettement, dépendance accrue à la débrouille. Aux Cayes, la vie chère n’est plus une perception, c’est une réalité quotidienne qui ronge les foyers.
Les marchandes ne mâchent pas leurs mots, la crise sécuritaire à Port-au-Prince a des répercussions directes sur l’économie cayenne. Les camions de marchandises peinent à circuler, les itinéraires se rallongent, les risques augmentent, les coûts explosent. Le blocage répété de la route nationale transforme chaque livraison en parcours d’obstacles, renchérissant le prix final des denrées.
« Tant que la route ne sera pas réellement sécurisée, les prix ne feront que monter », lâche un commerçant. Pour beaucoup, la cherté de la vie aux Cayes est devenue le prolongement silencieux de l’insécurité qui paralyse la capitale.
Par ailleurs, dans la ville desCayes, le gallon d’essence se négocie à 800 gourdes et celui du diesel à 900 gourdes. Ces montants dépassent les prix officiellement fixés par l’État, soit 725 gourdes pour l’essence et 850 gourdes pour le diesel. Cette situation alimente la grogne populaire et nourrit un sentiment d’abandon.
Pour de nombreux citoyens, cette révision des prix du carburant risque d’avoir un effet domino sur l’économie locale. Le transport en commun, le coût des marchandises, les produits alimentaires et les services de base pourraient connaître de nouvelles hausses, accentuant davantage la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Aux Cayes, la cherté de la vie n’est pas qu’une question de chiffres. C’est le visage d’une population qui s’épuise, prise en étau entre flambée des prix et insécurité nationale.