Par : Jordany Junior Verdieu
En vue de mieux organiser leurs activités et d’améliorer leurs conditions de travail, deux coopératives de pêche ont été mises sur pied dans le département des Nippes. Il s’agit de la Coopérative de pêche pour le développement de Baradères (KOPEDEB) et la Coopérative des pêcheurs de Petit-Trou-de-Nippes (KPTN). Leur création s’inscrit dans le cadre du projet EbA4, mis en œuvre par CORE dans le complexe Baradères-Cayemites.
Pendant longtemps, les pêcheurs de ces zones ont travaillé de manière isolée avec peu de moyens pour exercer leur activité et rencontraient des difficultés pour obtenir de l’encadrement ou du matériel. Ils ont été regroupés, formés et dotés progressivement de moyens pour améliorer leur activité grâce aux initiatives du projet EbA4. Mais le projet cherche aussi à changer leur manière de pêcher grâce aux dispositifs de concentration de poissons (DCP), une chaine de froid pour une meilleure conservation des ressources, des matériels modernes pour la transformation du poisson et l’appropriation de nouveau marché pour la commercialisation avec comme objectif une diminution de la pression exercée sur les mangroves et les ressources côtières et même les arbres qui sont plus à l’intérieur des terres.
Ainsi les coopératives ont ainsi obtenu des bateaux de pêche, des équipements permettant d'améliorer les captures et leurs temps de pêche. Diverses séances de formation aux techniques de pêche pour une amélioration de la gestion des ressources ont aussi été partagé au pêcheur entre autres.
« Les pêcheurs avaient beaucoup de difficultés à trouver de l’encadrement. Ils faisaient leurs activités de manière anarchique, avec de mauvaises pratiques et sans matériels adaptés », a expliqué Rigaud, agronome de terrain du projet EbA4.
Selon lui, la création de la coopérative commence à changer cette situation et les pêcheurs ont bénéficié de plusieurs formations sur les techniques de pêche, tandis que des équipements ont été mis à leur disposition.
« Nous avons reçu pas mal de formations comme pêcheurs et plusieurs matériels de pêche ont été mis à la disposition des coopératives, dont une chaloupe à moteur », a témoigné Renel, un pêcheur des Baradères.
Pour Pierre Marie Orson, président de la KOPEDEB, le regroupement des pêcheurs représente surtout une possibilité de mieux travailler et de mieux tirer profit de leur activité. « La coopérative est pour nous, pêcheurs un outil de développement économique important », a-t-il affirmé.
La coopérative veut aussi permettre aux pêcheurs de ne plus dépendre uniquement de la vente directe de leurs prises sur les marchés.
« Avant la coopérative, nous vendions nos poissons aux différents vendeurs sur les marchés. Maintenant, les pêcheurs vont pouvoir transformer les poissons et gagner plus d’argent », a expliqué Pierre Marie Orson.
Des formations ont notamment porté sur le traitement et la conservation des poissons ainsi que sur la transformation des produits de la mer a-t-il poursuivi.
« Notre objectif est de trouver plus de marchés, comme les restaurants et autres, pour permettre à nos pêcheurs d’avoir une meilleure activité économique », a confié le président de KOPEDEB.
Renel a affirmé que le regroupement des pécheurs en coopérative a permis à une meilleure connaissance des ressources dont dépend leur activité et une meilleure compréhension des effets de certaines pratiques sur l’environnement marin.
« Grâce aux formations, nous ne faisons plus les mêmes erreurs. Nous avons appris à protéger les ressources de la mer », a-t-il dit.
« Nous savons qu’il y a une variété de poissons que nous devons pêcher seulement à certaines périodes précises de l’année. Il y a des modes de pêche que nous ne devons plus faire dans la baie », explique Renel tout en rapportant que les pécheurs été sensibilisés à l’importance des mangroves pour la reproduction des poissons et à la nécessité de respecter certaines périodes de pêche.
Selon lui, la protection des mangroves est directement liée à l’avenir de la pêche dans la zone. « Nous avons appris à protéger les mangroves qui sont d’une importance capitale pour l’activité de pêche afin d’avoir une pêche durable », a-t-il souligné.
À Baradères comme à Petit-Trou-de-Nippes, les nouvelles coopératives permettrons aux pêcheurs de travailler davantage ensemble, de mieux valoriser leurs prises et de préserver les ressources marines dont dépend leur activité. Pour Renel, le changement est aussi dans la perception que les pêcheurs ont désormais de la coopérative. « Avant, nous nous méfions des coopératives, mais de nos jours nous avons un regard différent sur cette structure. La coopérative est une richesse qui peut permettre un changement de vie pour chaque pêcheur », a affirmé Renel membre de KAPODEB au niveau des Baradères.